#Coronarticle 11

Aujourd’hui c’est vendredi saint, jour férié dans tout un tas de pays et régions du monde, notamment en France les rescapés d’un héritage chrétien que sont l’Alsace et la Moselle. Mais aujourd’hui, jour férié ou pas, la population mondiale semble se diviser entre deux.

Il y a d’un côté, ceux à l’arrêt et confinés, à l’arrêt pour de bon ou alors dans les aménagements pas toujours heureux du télétravail. Et puis, de l’autre côté, ceux dont le travail nécessite un redoublement des forces et la multiplication des heures, comme évidemment ceux que l’on applaudit tous les soirs à 20 heures.
Il y a aussi sûrement, d’un côté comme de l’autre, des âmes fatiguées par l’incertitude et les chamboulements qu’entraînent cette crise.

Vendredi saint tu parles, c’est juste un jour de plus où les chiffres augmentent ou diminuent, où les courbes nous brouillent et les messages s’agglutinent, avec en première ligne ces quatre lettres en menace : M-O-R-T.

Vendredi saint pourquoi ?
Vendredi de la mort justement, celle de Jésus-Christ sur une croix il y a deux millénaires. On en a fait un jour férié parce que c’est ce que l’on fait des dates importantes, mais alors pourquoi célébrer la mort ? Plusieurs cultures et traditions auraient des choses différentes à dire sur ce sujet, mais en ce jour de vendredi saint covidé on dirait juste une mauvaise blague. Fêter la fin ?

Moi, j’ai grandi dans une société où la mort est un gros mot. Les décès se font dans les chambres asceptisées de lieux barricadés car le concret de l’existence préuppose la santé. La maladie est le participe passé du traitement et l’arrêt de la vie est une anomalie. On nous apprend à essayer de bien vivre mais pas à bien mourir.
La mort n’existe pas.

Vendredi saint pourquoi ?
Le texte nous dira que le vendredi précède le dimanche tout comme l’hiver prépare le printemps. Au bout du tunnel l’espérance. Mais avant d’anticiper, de voir trop loin peut-être, de lire entre les lignes ou au-delà des lignes,
le vendredi de mort.

La mort de Jésus-Christ que l’on célèbre aujourd’hui. Pernicieuse ironie ?
Ou réalité profonde.

« En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé qui est tombé en terre ne meurt,
il reste seul; mais, s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. Celui qui aime sa vie la perdra,
et celui qui hait sa vie dans ce monde la conservera pour la vie éternelle.
Si quelqu’un me sert, qu’il me suive; et là où je suis, là aussi sera mon serviteur.
Si quelqu’un me sert, le Père l’honorera.
Maintenant mon âme est troublée. Et que dirais-je ?… Père, délivre-moi de cette heure ?… Mais c’est pour cela que je suis venu jusqu’à cette heure. »

Face à l’absurdité d’un virus destructeur, la Croix de Jésus-Christ est un révélateur.
La mort est bien là, faisant partie de la vie. Ça pique, ça grince, je n’aime pas ça.
Et s’il y avait du sens dans ce vendredi saint ? Et si, l’espérance, deux matins plus loin…?

* Photo : Andrea Mantegna, Crucifixion (détail)

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